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Dans le monde...

Vatican : Offensive anti-laïque sur l’U.E.
 
Le Pape Benoît XVI a dénoncé samedi 24 mars, à l’occasion du cinquantième anniversaire du traité de Rome, « l’apostasie » de l’Europe, c’est-à-dire la rupture avec son patrimoine chrétien, et appelé les hommes politiques catholiques à refuser tout compromis et à pratiquer « l’objection de conscience » contre les lois touchant aux valeurs « universelles et absolues » (défense de la vie, de la famille). Il a également déclaré que l’identité de l’Europe, « historique, culturelle et morale » avant d’être « géographique, économique et politique », repose sur des valeurs « que le christianisme a contribué à forger ». Cette offensive a été immédiatement relayée par plusieurs chefs d’Etat européens. Merkel a fait connaître son accord avec la reconnaissance officielle par l’Union européenne de son « héritage judéo-chrétien » tout en se déclarant « pas trop optimiste », en raison de « profondes traditions séculières de séparation de l’Eglise et de l’Etat ». De son coté, Romano Prodi a souhaité que soit « donné aux Eglises un rôle de consultation » car « en ces temps d’intégrisme, les Eglises sont un des éléments les plus stables de notre société. »
 
A Gauche, n°1076, 28 mars 2007
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Equateur : Un Monde sans bases militaires
 
InterPressService. Un réseau international pour l’abolition des bases militaires a été créé à Quito au cours d’une conférence à laquelle assistaient plus d’un millier de militants et d’experts de trente pays. Le « No Bases Network » coordonnera des actions stratégies contre les plus de 1000 bases réparties dans le monde. Lina Cahua, une des militantes de ce réseau, a déclaré à l’IPS que ce réseau serait « un espace pluriel, démocratique, lié aux luttent permanentes des organisations pour un système militaire libre fondé sur le respect, l’équité, la justice et la culture de la paix ». Le premier jour de cette conférence international a été consacré à l’échange d’expérience de chaque pays. Des actions communes seront programmées, et pour la Journée internationale des femmes une caravane de femmes pour la paix se rendra a Quito au port occidental de Manta, où se trouve la plus grande base des Etats-Unis en Amérique du Sud. Mme Cahua a indiqué que plus de 1000 bases militaires des Etats-Unis étaient implantées sur la planète dans 737 pays différents. Les autres appartiennent à la Russie, à la Chine, au Royaume-Uni et à l’Italie.
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Etats-Unis : Scandales en cascade pour Bush
 
Selon un rapport de Glenn Fine, inspecteur général du ministère de la justice, les agents du FBI ont violé à maintes reprises la loi par une utilisation laxiste « des lettres nationales de sécurité ». Ces mesures, étendues par George W. Bush après le 11 septembre 2001 (Patriot Act), permettent aux enquêteurs de disposer de l’autorisation d’un juge. Pour ajouter à la crise, la Chambre des représentants a lancé une enquête sur les manœuvres électorales de l’administration Bush qui aurait limogé 8 procureurs fédéraux jugés gênants pour le camp républicain. En outre, la polémique autour du traitement des soldats blessés en Irak et en Afghanistan, à l’hôpital militaire de Washington, a conduit Kevin Kiley, responsable des services médicaux de l’armée, à démissionner.
 
L’Humanité Dimanche, n° 52, du 15 au 21 mars 2007
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Europe : Merkel pour une Europe chrétienne
 
Alors qu’on la croyait attachée à la version actuelle du projet de Constitution européenne, la chancelière Angela Merkel a réouvert la polémique sur une éventuelle référence à l’identité chrétienne de l’Europe dans la Constitution, en déclarant au magazine Focus : « J’aurais souhaité que l’attachement aux valeurs chrétiennes soit plus marqué dans le traité constitutionnel ». « L’Europe doit continuer à se préoccuper de cette question ».
 
A Gauche, n°1069, 6 février 2007
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Economie : Les folies du capitalisme immobilier
 
Les prix immobiliers ont doublé en moyenne depuis 1998 alors que la richesse globale n’a progressé que de 25%. L’emballement dépasse déjà celui qui avait conduit au krach immobilier de 1990. A l’échelle des pays développés, la valeur globale des logements est passée de 30.000 milliards de $ à 70.000 milliards en moins de 5 ans. Cette augmentation représente à elle seule près de 110% des PIB cumulés de tous ces pays. De quoi s’attendre à des conséquences désastreuses en cas de krach puisqu’une bulle spéculative n’avait jamais atteint une telle ampleur dans l’économie mondiale : la bulle boursière des années 1990 ne pesait « que » 80% du PIB et celle de 1929 aux Etats-Unis à peine 55%.
 
A Gauche, n°1066, 17 janvier 2007
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Venezuela : Chavez mise sur les nationalisations
 
A la veille de son investiture pour un nouveau mandat de 6 ans, mercredi 10 décembre 2006, le président vénézuélien, Hugo Chavez, a déclaré son intention d’accélérer le train des réformes sociales.
 
Il a ainsi annoncé, lundi 8 janvier 2007, la nationalisation de larges pans de l’économie, dont l’électricité et la téléphonie. Afin de concrétiser ses objectifs, le Parlement vénézuélien devrait voter une loi-cadre lui accordant des pouvoirs spéciaux pendant un an. « Il faut récupérer la propriété sur les moyens de production stratégique, ce qui avait été privatisé doit être nationalisé », a-t-il déclaré, lors de la prestation de serment de son nouveau gouvernement. « La Banque centrale ne doit pas être autonome », a-t-il affirmé. Hugo Chavez entend redistribuer les énormes ressources de cette institution financière (28,5 milliards d’€uros) pour développer l’agriculture, les infrastructures et le logement. 5,4 milliards d’€uros supplémentaires ont déjà été attribués au fonds de développement Fonden, qui finance les programmes sociaux du pays.
 
Chavez souhaite aussi mettre un terme au contrôle par les compagnies étrangères, Total et Exxon, de quatre raffineries de pétrole dans la ceinture de l’Orénoque. Il s’appuiera sur la nouvelle législation pétrolière définie par son précédent gouvernement en 2005, afin de renégocier les contrats d’exploitation de ces sites.
 
Enfin, il a annoncé une réforme de la Constitution qui débouchera sur un changement de nom pour son pays. La « République bolivarienne » deviendra « la République socialiste du Venezuela ».
 
L’Humanité Dimanche, n°43, du 11 au 17 janvier 2007
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Union Européenne : Irresponsabilité budgétaire
 
Devant le nombre important d’erreurs dans les comptes présentés par la Commission européenne, la Cour des Comptes européenne a refusée de valider les dépenses du budget de 2005. La Commission a répliqué en sermonnant les Etats (qui gèrent 76 % des dépenses budgétaires de l’Union), se dédouanant au passage de sa mauvaise gestion , et leur imposant de nouvelles obligations de contrôle comptable. Chacun se renvoie donc la balle. Ne pourrait-on imaginer un contrôle de l’exécutif européen en matière budgétaire par la seule instance démocratique de l’Union : le Parlement européen, comme cela se passe dans tous les pays européens ?
 
A Gauche, n°1062, 5 décembre 2006

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Samedi 10 novembre 2007


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Nicolas Sarkozy a entrepris de faire valider par la France un traité qui n'est ni nouveau ni simplifié. On y retrouve en effet ce qui avait conduit les Français à voter non le 29 mai 2005. Bien sûr les électeurs ont le droit de changer d'avis. Mais encore faut-il qu'on leur demande leur avis ! Rien ne saurait justifier le refus d'un referendum.


Le site
www.respecteznotrenon.org entre en campagne pour le respect du vote des Français.

par Bastien Joneau publié dans : Europe commentaires (0)   
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Samedi 22 septembre 2007
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Pour qui veut prendre la mesure des bouleversement sociaux et politiques fondamentaux en cours, les premières semaines de la présidence de M. Sarkozy sont du plus haut intérêt. Toutes les tendances à l’oeuvre depuis le début des années 80 se condensent et se nouent pour dessiner les traits de la nouvelle réalité politique.


O
n se souvient que les années 80 furent les « années-fric ». Vite dégrisés de l’ivresse de mai 1981, les mêmes socialistes qui promettaient la « rupture avec le capitalisme » (en cent jours » !) et faisaient mine d’enfiler la tenue des Jacobins de 1793 se rallièrent à grande vitesse à la « France qui gagne ». Marx et Jaurès devaient s’effacer devant Bernard Tapie et Yves Montand, héros et hérauts de « Vive la crise ».


O
n a souvent dit que les années 80, en France, mais aussi et surtout aux États-Unis et en Grande-Bretagne marquaient une rupture avec le consensus keynésien d’après la seconde guerre mondiale, pour retourner au « libéralisme » capitaliste pur. Serge Halimi parle du Grand bon en arrière. Il y a du vrai là-dedans : la dérégulation de l’économie, la liquidation systématique des acquis sociaux mais aussi de tous les moyens inventés depuis le « New Deal » pour maintenir les antagonismes de classes dans des limites compatibles avec le maintien du mode de production capitaliste, tout cela semblait marquer un retour en arrière, vers le capitalisme du tournant du XIXe et du XX siècle. Cette analyse de la nouvelle « horreur économique » a produit en réaction « l’antilibéralisme », devenu le drapeau d’une gauche déboussolée.


C
ette analyse est cependant notoirement insuffisante voire franchement erronée. Le capitalisme libéral du XIXe et de la première moitié du XXe siècle restait lié par mille liens à l’ancienne société, aristocratique et bourgeoise à la fois, révolutionnaire sur le plan de la production, mais conservatrice sur le plan de la culture et des moeurs, soucieuse du « bon goût » et des « bonnes moeurs », défendant des valeurs héritées de formations sociales mourantes ou déjà mortes. Le capitalisme moderne est profondément différent. Profondément différent en ceci qu’il est véritablement capitaliste, qu’il est un capitalisme pur, débarrassé des scories des époques antérieures.


C
e capitalisme a rompu toutes ses attaches avec le capital patrimonial, avec ce capital qui a encore un lien avec la propriété foncière et immobilière ou même la propriété d’une entreprise. Le capitaliste moderne est propriétaire de capitaux qui s’investissent au gré des circonstances dans le pétrole, le bâtiment, la banque ou l’industrie du sexe. Galbraith faisait remarquer, à propos de la crise de 1929 que le spéculateur est un capitaliste qui veut être débarrassé de tous les ennuis qu’apporte la propriété... C’est cela même le prototype du capitalisme pur. La propriété capitalisme n’est pas la propriété de valeurs d’usage - fussent des valeurs d’usage destinées à faire suer le travail pour en extraire la plus-value. C’est la propriété de capitaux, c’est-à-dire de titres à obtenir sa part de la plus-value globale extraite par le mode de production capitaliste. Les « anti-libéraux » dénoncent ce capitalisme purement spéculatif, qui n’a plus aucun souci de l’investissement à long terme et procède à des « licenciements boursiers ». Toute cette phraséologie creuse ne fait qu’exprimer le regret du « bon vieux temps », celui du capitalisme de grand-papa où le patron avait « son usine » et « ses ouvriers ». Elle oppose un capitalisme vertueux (celui d’hier, heureusement modéré par le compromis keynésien) au capitalisme vicieux, au « turbo-capitalisme » d’aujourd’hui. Au monde inversé de l’idéologie dominante d’aujourd’hui, l’anti-libéralisme n’a rien d’autre à opposer que la représentation idéologique du monde d’hier. Inutile de s’étonner, de jouer les vertus effarouchées, le capitalisme que nous avons sous les yeux est celui que décrit Marx qui ne parle pas des formations sociales dont il est le contemporain mais de l’essence même de ce rapport social qu’est le capital.


C
e capitalisme enfin débarrassé des scories du vieux monde n’a plus aucun besoin de s’encombrer des justifications idéologiques et des oripeaux d’une structure sociale aujourd’hui disparue. La bourgeoisie traditionnelle avait besoin de se mouler dans la tradition culturelle héritée de l’aristocratie, c’est-à-dire d’une classe qui mettait un point d’honneur à ne pas travailler et à se livrer à des occupations ayant en elles-mêmes leur propre valeur. La bourgeoisie montante avait besoin d’un système de légitimation qui correspondait plus à la réalité sociale, mais seulement aux fantômes du passé. De la même façon, elle devait protéger la religion et la famille et faire l’apologie de la nation, puisque c’était seulement dans le cadre national qu’elle trouvait sa base arrière pour conquérir le monde et le bras armé dont elle avait besoin pour se protéger contre ses ennemis, principalement les classes laborieuses en qui elle a tout de suite reconnu les « classes dangereuses ».


P
lus rien de tout cela ne tient encore debout. Seuls d’incorrigibles retardataires peuvent encore protester contre « l’ordre moral ». La famille est vouée aux gémonies. Le capitalisme « mobile » ne veut plus être freiné par des attaches familiales ou des rites ancestraux comme le repos dominical. On peut encore rendre hommage à la religion instituée, transformée en spectacle, d’autant que, fidèle à elle-même, l’Église catholique marque son attachement indélébile à l’ordre impérial qui gouverne le monde. Mais les prescriptions de l’Église dès qu’elles pourraient remettre en cause une source de profit intéressante sont ignorées superbement par les défenseur de l’ordre : ainsi de la commercialisation du vivant et des techniques de manipulation de la procréation humaine. Quant à la culture, elle n’est qu’une survivance qu’on exploite commercialement sans le moindre scrupule. L’art a cédé la place aux « industries culturelles », qui vont du traditionnel « commerce de la librairie » à la massive production pornographique.


L’
évolution du personnel politique accompagne ces mutations. Mrs Thatcher, M. Reagan et même G.W. Bush appartiennent encore au personnel politique à l’ancienne. Réactionnaires et défenseurs de "la loi et de l’ordre", ils cèdent maintenant la place à une nouvelle « race » d’hommes politiques « décomplexés » - puisque le terme est à la mode. Tony Blair, produit de marketing lancé par la presse financière et le groupe Murdoch (un des piliers aux USA de la « majorité morale »...) a été le fer de lance de la destruction du vieux « Labour Party ». En Italie, c’est Silvio Berlusconi, l’homme le plus riche d’Italie et possesseur de plusieurs chaînes de télévision, de journaux et de plusieurs maisons d’éditions qui s’est payé un parti politique comme on se paye une chaîne de magasins. Sa richesse aux origines suspectes est devenue un argument électoral. Un cynisme grossier, un discours où « tout est possible », les professions de foi religieuse chez quelqu’un qui a lancé le porno à la télévision italienne, un culot sans borne, ne reculant devant aucun mensonge, un mépris radical des règles de la vie civile et civilisée telle qu’on la concevait jusqu’à présent, mais aussi un vrai talent de bonimenteur et une pugnacité politique incontestable, tel est le « bonaparte » de la « seconde » république italienne.


N
icolas Sarkozy est un ami de Silvio Berlusconi, de qui il a beaucoup appris. Comme lui, il est lié aux médias. Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré sont de ses proches. Rothschild (Libération), Minc et Bolloré (Le Monde) lui donnent une prise sur la presse qui se prétend indépendante. La capacité de faire tenir en un même discours des éléments parfaitement contradictoires (puisés dans l’arsenal du FN, dans le discours libéral ou clérical, comme dans la rhétorique républicaine) et de parler comme un voyou quand il le veut le rapproche encore du « cavaliere ». La passion de l’argent, assumée et transformée en argument politique vient compléter le portrait du dernier « bonaparte » de la Ve République. Le luxe ostentatoire, de mauvais goût dans la bourgeoisie traditionnelle, est ici un élément d’une stratégie de communication : repas au Fouquet’s, le soir de l’élection, escapade sur le yacht de Bolloré, vacances tapageuses dans une résidence de milliardaire dans le New Hampshire, des amitiés affichées avec tous les nababs de la ploutocratie mondialisée, mais aussi un mépris affiché de la culture en général et de la littérature en particulier, M. Sarkozy prend à rebrousse-poil toutes les postures traditionnelles de la classe politique française. Mais en même temps, il accomplit l’évolution des dernières décennies.


Q
ui ne voit, en effet, la continuité de style, de manière de parler et d’idéologie de Bernard Tapie, ministre de la ville de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy - pour ne rien dire du trait commun entre ces deux-là, Jean-Louis Borloo ! Qui ne voit que le mépris de la culture et des choses de l’esprit a dominé les dernières décennies . Tout le « sarkozysme » était là depuis déjà pas mal de temps, mais recouvert de discours pompeux, balayés dorénavant par le célèbre « kärcher » de notre nouveau président.


***


I
l est devenu « très tendance » de citer Gramsci. M. Sarkozy lui-même s’est laissé ce nom par son porte-plume Guaino. Citons donc à notre tour Gramsci : si la gauche (ou ce qu’il en reste après sa sarkoïsation) veut faire face à la situation, elle doit prendre la mesure du changement et de la nécessité impérieuse d’une contre-offensive, et comprendre qu’il s’agit de se fixer pour tâche la « formation d’une volonté collective nationale-populaire » et d’une « réforme intellectuelle et morale ». Pour ceux qui incrimineraient le peuple intoxiqué par les médias, Gramsci ajoute : « Peut-il y avoir une réforme culturelle, c’est-à-dire une élévation civile des couches inférieures dans la société sans une réforme économique préalable et une mutation dans les positions sociales et dans le monde économique ? Pour ceci une réforme intellectuelle et morale ne peut pas ne pas être liée à un programme de réforme économique, au contraire, le programme de réforme économique est précisément le mode concret sous lequel se présente toute réforme intellectuelle et morale. »


Denis Collin,
La sociale, mardi 17 août 2007

par Bastien Joneau publié dans : Economie / Finance commentaires (1)   
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Vendredi 17 août 2007

L’ex-ministre des Finances Laurent Fabius, dénonçait mercredi dans un communiqué le « manque de clairvoyance, de transparence et de cohérence de la plupart des prétendus spécialistes » dans la crise des subprimes. Pour Libération, il s’explique.

 

Qui sont ces « prétendus spécialistes » que vous fustigez ?

 

Pour moi, il y a eu un défaut de prévoyance considérable de la part des prêteurs américains, puis des banques - en particulier des fonds et des hedge funds - ensuite des autorités de régulation et des agences de notation. Car, ce qui me frappe d’abord, c’est que cette crise était prévisible. Quand on a une masse de crédits distribués sans aucune garantie et qu’en même temps l’économie se contracte, il finit forcément par y avoir un retournement. Quand ces créances ont été titrisées, il était aisé de prévoir le risque. Autre chose qui me frappe : la contagion. Le système est si imbriqué que, très vite, on arrive à une crise. Et l’aspect psychologique joue à plein puisque, à partir d’une affaire localisée, faute de transparence, on aboutit à une crise planétaire ! Le marché a vite compris que tout cela était opaque.

 

Les banques centrales ont-elles eu raison d’injecter massivement des liquidités ?

 

Bien sûr. A partir du moment où le système interbancaire était bloqué puisque les banques refusaient de se prêter de l’argent, il fallait éviter la thrombose. Mais ces injections révélaient aussi que la crise était plus importante que prévu. Rajoutant à l’effet psychologique et à la spirale de crise. Je dirais donc que la situation actuelle est le résultat d’un manque de clairvoyance, d’un défaut de transparence et d’un effet contagion qui rend le système très fragile.

 

Avez-vous le sentiment qu’il y a un pilote à la tête de la finance mondiale ?

 

Il ne peut pas y avoir un pilote ; il faut qu’il y ait des pilotes. Et ces pilotes, ce sont les autorités américaines (pour ce qui est des prêts immobiliers), les régulateurs nationaux, les agences de notation, les banques centrales - qui doivent impérativement se coordonner davantage - et les gouvernements eux-mêmes qui doivent tout faire pour éviter la contagion entre économie financière et économie réelle.

 

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a affirmé qu’elle ne croyait pas à la contagion de l’économie française.

 

Moi, j’ai bien peur qu’il y ait des conséquences sur la France. Car il y a une addition de facteurs qui poussent dans le même sens : climat de crise financière, décisions ponctuelles du gouvernement qui vont avoir des effets sur la consommation, telles la hausse de l’électricité, et aussi l’augmentation des prix de l’alimentation... Tout cela donne un climat morose, là où on nous annonçait une reprise. Alors que la croissance mondiale est très forte, cette crise risque d’aboutir un peu partout, y compris en France, à un freinage des investissements et de la consommation.

 

Aux manettes, que feriez-vous ?

 

Je m’assurerais de l’existence d’une bonne coordination entre les autorités financières internationales, d’une vraie discussion avec la Banque centrale européenne car elle ne doit surtout pas relever ses taux. Et je mettrais sur la table la question des hedge funds (il faut espérer que les Américains vont réagir sur le sujet comme Angela Merkel le réclame depuis des mois) et des bulles financières. Car ce qui se passe dans l’immobilier peut arriver dans d’autres secteurs, je pense notamment à certains marchés énergétiques. Le problème c’est que l’économie se « financiarise » totalement ; or les rendements financiers exigés sont sans commune mesure avec l’économie réelle. Comme les phénomènes de chute sont accélérés, cela donne à la fois un effet domino et un effet casino.

 

Les autorités politiques et financières réagissent-elles comme il faut ?

 

Avant tout, il faut faire preuve de sang-froid et développer une vision internationale coordonnée. Or, dans cette crise, on a eu un sentiment de flottement. D’autant que nous sommes en août et que beaucoup sont en vacances. Il fallait une réponse psychologique forte des autorités publiques. Pour le moment, je constate qu’on est en pleine tempête.

 

Interview réalisée par Alexandra Schwartzbrod.

par Bastien Joneau publié dans : Economie / Finance commentaires (0)   
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En France...

Economie : L’hécatombe continue dans l’automobile
 
Après 10.000 emplois perdus l’année dernière, de nouvelles menaces pèsent sur les équipementiers automobiles. Barre Thomas (ex-CF gomma) prévoit de supprimer 309 emplois sur les 1650 de son site de Rennes, dont 95% des ventes sont destinées à PSA. Selon FO (majoritaire), ces suppressions concerneraient 187 postes d’ouvrier de fabrication et 122 dans les secteurs technique et administratif, et devraient s’étaler jusqu’à avril 2008. Quant à l’équipementier américain Backstone, il a annoncé son intention, pour cause de baisse de la production, de réduire de 50% en trois ans les effectifs de sa filiale TRW Systèmes de freinage à Bouzonville (Moselle). En six ans, la production du site a déjà baissé de 30%, notamment au profit de l’usine de Jablonec, en République Tchèque, et les effectifs ont chuté de 1375 à 840 salariés, intérimaires compris.
 
L’Humanité Dimanche, n°52, du 15 au 21 mars 2007
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République : Bayrou le régionaliste !
 
Conformément à la vocation qu’il se donne d’être le candidat des provinces et des terroirs, François Bayrou s’est livré lors d’un déplacement dans le Finistère à un vibrant plaidoyer pour les langues régionales. Et il a notamment promis pêle-mêle s’il était élu que la France ratifierait la très ethnicite Charte européenne des langues régionales (qui reconnaît des droits spécifiques aux personnes en fonction de leur langue) ou encore qu’il soutiendrait la relance de l’enseignement du breton par immersion, alors même que cette méthode Diwan a jusqu’à présent été jugée incompatible avec le service public d’éducation.
 
A Gauche, n° 1066, 17 janvier 2007
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Logement : …vides par milliers…
 
La France compte près de 2 millions de logements totalement vides (hors résidences secondaires), dont près de 140.000 à Paris. Un chiffre qui ne cesse d’enfler en dépit de la taxe sur les logements vacants créée par Lionel Jospin en 1998 car celle-ci est dérisoire face à l’envolée des plus values immobilières. Dans le même temps, le nombre de demandeurs de logements sociaux a lui aussi explosé pour atteindre les 1,3 million de demandes dans le pays (concernant 3 millions de personnes).
 
A Gauche, n° 1066, 17 janvier 2007
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Elections : La Présidentielle française au centre de l’Europe
 
Merkel suit visiblement de près la campagne présidentielle française. La Chancelière allemande s ‘est ainsi déclarée « inquiète » du « débat sur l’euro en France ». Selon la chef du gouvernement de coalition (SPD, CDU), « il faut faire attention à ce que nos difficultés (…) ne soient pas mises de façons injuste sur le dos de l’euro ». Angela Merkel estime que la monnaie unique doit rester « en dehors du débat politique » et « laisser à la Banque centrale son indépendance ».
 
A Gauche, n° 1066, 17 janvier 2007
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Emploi : Le retour de l’esclavagisme en France
 
Dans son édition du 5 janvier, le quotidien « Libération » révèle une nouvelle affaire de ce qu’on peut décidément appeler de l’esclavage. Pendant près de six mois, une dizaine d’ouvriers polonais auraient été embauchés sur un chantier de Haute-Savoie, sans jamais toucher un seul €uro. Recrutés sur Internet, avec la promesse d’un salaire de 1.000 à 1.200 €uros, ces ouvriers, dont la rémunération en Pologne n’excède jamais les 180 €uros, ont accepté pendant six mois les conditions de travail les plus difficiles, des journées de travail allant jusqu’à 13 heures et même le flou sur les conditions de rémunération. « S’ils n’étaient pas content, 100 €uros pour le solde de tout compte et retour au pays », raconte « Libération ». Seulement voilà, six mois après leur embauche, aucun salaire ne leur a jamais été versé et l’entreprise polonaise qui les avait recrutés a tout simplement disparu. Les avocats qui défendent ces ouvriers réclament pour chacun d’entre eux près de 4.000 €uros d’arriérés de salaires. Mais le scandale de ces ouvriers devenus esclaves n’est malheureusement qu’un exemple…
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Logement : Les chiffres du mal logement
 
86.500 personnes sans domicile fixe. 934.000personnes privées de domicile propre. 2,2 millions connaissant des conditions de logement très difficiles. 715.000 en situation de précarité pour des raisons financières. 625.000 en copropriété dégradée, nécessitant aide publique. 3,5 millions vivant en situation de surpeuplement. 823.000personnes hébergées par des proches, faute de logement. 1,3 million de Français étaient en demande d’un logement social en 2005.
Le coût du logement représentait, en 2004, en moyenne 21,2 % du revenu des Français, soit un record historique. Pour un smicard ou une famille aux revenus modestes, cela peut dépasser 40% des ressources.
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Emploi : 80.000 emplois industriels détruits en un an
 
Sous les coups de la financiarisation de l’économie, l’hémorragie de l’emploi industriel en France ne cesse de s’aggraver. D’après l’enquête trimestrielle ACEMO du ministère de l’emploi, le pays a perdu près de 80.000 emplois industriels en à peine un an entre le 3ème trimestre 2005 et le 3ème trimestre 2006. Un grand nombre de ces emplois se situent pourtant dans des productions utiles et rentables, que les actionnaires sabordent ou délocalisent en toute liberté, en l’absence de toute action du gouvernement contre ces licenciements boursiers.
 
A Gauche, n° 1062, 5 décembre 2006
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Emploi : Des bas salaires très féminins
 
L’INSEE a confirmé dans son étude générale sur les salaires récemment publiée que l’écart de salaires perçus entre les hommes et les femmes s’élève à 40%. Un gouffre qui s’explique en partie par l’ampleur du temps partiel souvent imposé aux femmes, en particulier dans les services et la grande distribution. De quoi comprendre que parmi les 2 millions de travailleurs pauvres que compte le pays, 80% soient des femmes.
 
A Gauche, n° 1058, 31 octobre 2006
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Intérieur : Chiffres clandestins
 
De nombreux policiers et élus du « 9-3 » soupçonnent Sarko d’avoir pompé des effectifs afin de mieux doter son fief des Hauts-de-Seine. Pour en avoir le cœur net, « Le Canard » a demandé un état des troupes aux chefs de la police du « 9-2 ». Mais ceux-ci renvoient les journalistes à un ordre du préfet : « Seule la Direction générale de la police (DGPN) est habilitée à donner ce chiffre. » Contactée à son tour, la DGPN rétorque : « Vous devez appeler la préfecture. » Et ainsi de suite….
 
A Paris, la préfecture de police ne « communique » guère, elle non plus, sur le nombre de ses fonctionnaires. En fait, ils sont très exactement 14.450 à œuvrer dans les commissariats. De quoi rendre jalouse la Seine-Saint-Denis, qui traîne la patte, avec ses malheureux 3.564 képis, dont 1.607 à la police aux frontières de Roissy ou du Bourget. Mais les chefs parisiens font remarquer que Paris doit assurer – outre son rang de capitale – la sécurité des 6 millions de personnes qui transitent chaque jour dans ses murs. Le « 9-3 » n’a pas fini de se plaindre.
 
Le Canard enchaîné, n° 4483, 27 septembre 2006
__________________
 
Santé : Paupérisation des étudiants
 
La proportion d’étudiants qui disposent d’une couverture maladie complémentaire est en chute : elle est passée de 84% en 2000 à 72% aujourd’hui. Résultat : près d’un quart des étudiants renonceraient désormais chaque année à des soins dentaires ou ophtalmologiques pour des raisons financières.
 
A Gauche, n° 1049, 27 septembre 2006
__________________
 
Logement : 1,3 millions de personnes attendent un logement social
 
Le ministre de la cohésion sociale se réjouit. En 2005, 410.000 logements ont été mis en chantier. Ce chiffre pourrait atteindre 450.000 en 2006. Un record, certes. Mais, du fait de leur prix, ces logements ne sont destinés qu’à 25% de la population. La construction de logements sociaux, en légère hausse, demeure très insuffisante : 65.000 en 2006 – loin des 100.000 promis par le ministre.
 
L’Humanité Dimanche, n° 28, du 21 au 27 septembre 2006
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Social : Les baisses de cotisations sociales épinglées
 
Dans un récent rapport, la Cour des comptes dresse un véritable réquisitoire contre la politique d’exonération de cotisations patronales. La Cour constate que ces exonérations ont été multipliées par 8 depuis 1993, en « l’absence de maîtrise de la décision » et sans aucune « évaluation ou analyse d’impact ». D’après les études réalisées par la Cour, le principal effet de ces aides a été de « confronter les marges des entreprises » et pas de créer des emplois.
 
A Gauche, n° 1049, 31 août 2006
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Service Public : Coup bas
 
En plein milieu de l’été, le gouvernement a publié un décret supprimant tout représentant de la ville de Paris et de la région Ile de France au Conseil d’administration de la RATP. Les deux collectivités les plus concernées financièrement et les plus compétentes juridiquement pour s’occuper des transports parisiens n’auront ainsi plus voix au chapitre pour débattre de l’avenir de la RATP. Une décision inquiétante à l’heure où se profile la mise en concurrence des transports locaux de voyageurs sous la pression de Bruxelles, avec un risque de semi privatisation de la RTP.
 
A Gauche, n° 1049, 31 août 2006
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Social : L’Etat se défausse sur les familles
 
Le premier ministre Dominique de Villepin a annoncé, lors de la conférence sur la famille, la création d’un « congé de soutien familial » pour les « aidants » d’un parent dépendant. Le congé, d’une durée de 3 mois, renouvelable dans la limite d’un an, n’est ni indemnisé ni rémunéré, mais il permet de continuer à constituer des droits à la retraite et maintient la couverture maladie, pour un coût estimé par le gouvernement à 10,5 millions d’€uros par an. L’Union des familles laïques (UFAL) et la Confédération syndicale des familles (CSF) ont jugé que le nouveau congé marquait le désengagement de l’Etat dans la prise en charge de la dépendance. Les aidants familiaux ne peuvent pas « être des substituts d’une politique publique ».
 
L’Humanité Dimanche, n° 18, du 6 au 12 juillet 2006
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Emploi : Les prud’hommes, assaillis par des dossiers déposés par la CFDT
 
Sept dossiers contestant la rupture de CNE ont été déposés par la CFDT au conseil des prud’hommes sur la seule ville de Paris, ainsi que cinq dossiers en Meurthe-et-Moselle.
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